2 – Les voies de la décolonisation

La Seconde Guerre Mondiale permit d’accélérer le développement des revendications nationales dans le continent Africain, et les décennies qui précédèrent la fin de la guerre furent caractérisées par la remise en cause de la colonisation, à la fois sur le plan international et dans les territoires dépendants. La décolonisation commença d’abord en Asie, puis atteint l’Afrique en 1950. Un contexte particulièrement favorable permit cette émancipation. En effet, les populations coloniales qui avaient participé à la guerre pensaient qu’on avait exigé d’elles des sacrifices pour combattre l’oppression au nom d’une liberté, dont elles devaient bénéficier. De plus, les pays qui étaient opposés à la colonisation, les Etats-Unis et l’URSS, sortirent vainqueurs de cette guerre, ce qui engendrait donc un espoir et des perspectives de changements pour les  pays colonisés : la fin de la guerre allait mettre au premier plan la question coloniale.

Charte de l'Atlantique

Charte de l’Atlantique

La charte de l’Atlantique

Dès le 14 août 1941, Roosevelt et Churchill avaient affirmé, dans la charte de l’Atlantique : « Chaque peuple a le droit de choisir la forme de gouvernement sous laquelle il doit vivre. » Cette déclaration reprenait et complétait le discourt de Roosevelt des Quatre Libertés (Liberté d’expression, de religion, de vivre à l’abri du besoin et de vivre à l’abri de la peur). Pourtant, les nations colonisatrices affirmaient leur volonté de demeurer les seules maîtresses de leurs empires.

La conférence de Brazzaville

brazzaville

Gouverneur général du Congo Félix Eboué et le général de Gaulle – février 1944

Le Comité Français de Libération National se réunissa pour une conférence sur l’avenir de l’empire Français. Celle-ci eu lieu du 30 janvier au 8 février 1944 et fut inauguré par le Général de Gaulle. Y participèrent seulement les administrateurs comme Félix Eboué Gouverneur général de l’AEF) et René Pleven (Commissaire aux Colonies à Alger). Deux politiques s’y exprimèrent, visant toutes deux à maintenir l’autorité française : l’une défendait l’assimilation et le refus de l’autonomie politique, et l’autre, prônée par Eboué, consistait à laisser les Africains évoluer dans leur milieu, avec leurs propres institutions et reposait sur des valeurs conventionnelles, en particulier sur le travail :

« Toute la main-d’œuvre nécessaire peut-être recrutée et employée à condition que la vie indigène ne s’en trouve pas déséquilibrée. Pour cela, il ne faut plus prélever le travailleur seul, mais l’amener près du chantier avec sa femme et ses enfants. Mieux encore : il faut susciter des villages de même race et de même tribu sur le chantier. Plus de confusion entre anonyme venus de tous les coins de l’intérieur, plus de campements réglementaires mais stériles. Les hommes d’une même terre seront groupés avec leurs femmes et leurs enfants, formant l’amorce d’un vrai village. Les hommes travailleront sur le chantier et, sous la direction de l’employeur, prépareront, comme au village les terrains de culture. Les femmes, comme au village cultiveront la terre. L’employeur sera le tuteur de la communauté ; ainsi sera-t-il associé à ce redressement social. Il construira les cases, fera procéder à des ensemencements étendus, achètera au village le surplus de sa production vivrière, fera soigner tout le monde, procurera les médicaments et les moustiquaires, élèvera un troupeau, en un mot garantira l’existence normale du village, tout en lui assurant des avantages et des éléments de progrès qui lui auraient fait défaut à l’état naturel. Ces deux conditions sont également indispensables : préserver et élever. Le grand moyen de préservation sera, je le répète, de mettre ou de laisser la femme au travail, non le travail du chantier mais le travail de la terre et la préparation des aliments. Si la femme est désœuvrée, le ressort de la communauté disparaît, et le résultat est perdu. Le deuxième moyen est la distinction des races et des tribus. On peut déplacer un village, on ne le crée pas de toutes pièces. Et si, dans cette affaire, la contrainte est d’abord nécessaire, on ne l’exercera que pour sauvegarder finalement l’organisation sociale et rendre à la population son cadre naturel et, avec lui, le désir et la faculté de perpétuer la race. »                                                                                                                                                                         

Félix Eboué : La Nouvelle Politique indigène pour l’AEF, Alger,s.d [8 novembre 1941], p.54-55.

La Conférence de Brazzaville fut considérée par la suite comme un tournant de la politique coloniale française, une référence de la décolonisation, et qui prit une signification pour de Gaulle, qu’il devait pérenniser, en 1958, lorsqu’il commença sa tournée africaine par la capitale du Congo, au moment où il allait fonder la Cinquième République.

L’ONU, un lieu privilégié pour la décolonisation

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Membre de la tribu de Tanganyika (aujourd’hui Tanzanie) avec Ralph Bunch – 1963

L’ONU était considérée par les colonisés comme ayant une vocation anti-coloniale puisque ses textes de référence, comme la Charte des Nations unies et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, condamnaient la sujétion. Elle se montra plus exigeante que l’ancienne Commission des Mandats de la SDN. Enfin, l’ONU constitua un forum dans lequel les pays non colonisateurs pouvaient légitimement critiquer la conduite des colonisateurs. En outre, à mesure que les pays colonisés gagnaient leurs indépendances, ils entraient dans l’organisation internationale, et y faisaient entendre leurs voix en faveur des pays qui étaient encore colonisés. L’influence de l’organisation se situa donc essentiellement sur un plan moral. Les organisations dépendantes des Nations Unies, comme la FAO, l’UNESCO ou l’OMS, jouèrent également un rôle dans la décolonisation.Les organisations chrétiennes

Les églises prirent conscience progressivement de la nécessité, pour sauvegarder leur action, de dissocier le point de vue religieux et celui du maintien de la colonisation. Dès 1946, la Commission des Eglises pour les Affaires Internationales se prononça pour la promotion des peuples dépendants, « à l’indépendance dans le jeu des libres institutions politiques », et, en 1956, elle condamna comme « mauvaise et injustifiée », « l’exploitation d’un peuple par un autre sous quelle forme que ce soit » [cité par H.Grimal, 1965]. Par conséquent, les autorités protestantes intervinrent fréquemment en faveur des populations colonisées tout autant qu’auprès de l’ONU. L’Eglise catholique, en revanche, agit plus lentement puisqu’une partie de ses fidèles était directement concernée par la colonisation et divisée sur les solutions à adopter. Dans plusieurs colonies, les autorités ecclésiastiques reconnurent  « la légitimité de l’aspiration à l’indépendance » comme le firent les évêques de Madagascar, en novembre 1953, ceux d’AOF et du Togo en avril 1955, ceux du Congo en 1956. Ainsi, les Eglises s’associèrent au mouvement de décolonisation, mais elles ne le suscitèrent pas.

Le soutient des peuples du Tiers monde

L’indépendance de l’Inde (1947), de l’Indonésie et des autres territoires colonisés d’Asie eurent des retentissements dans tout le continent africain. Le « Tiers-Monde » vit le jour. Cette expression fut lancée par Alfred Sauvy le 14 juillet 1952, dans un article du France observateur. Après avoir hésité à adopter les idées panarabes (panarabisme : mouvement politique, culturel et idéologique crée au XIX par le Chérif de La Mecque Hussein Ibn Ali, qui défendait l’Identité Arabe),  le Roi Farouk déclara la guerre contre l’Allemagne en 1945, lorsque le Maréchal Rommel lança une offensive contre la Lybie. Cette intervention permit à l’Egypte de rentrer à l’ONU, ce qui renforça sa position. Dès lors, le pays se sentit capable d’assumer la direction d’un mouvement panarabe et contribua à la création de la Ligue arabe, le 22 mars 1945, dont le siège était au Caire, et pris des positions de plus en plus britanniques. Après la Révolution de 1952, qui renversa Farouk 1er , Nasser devint l’une des figures charismatiques des mouvements de libération nationale qui, par la suite apporta un soutien militaire actif aux Algériens. La nécessité d’une solidarité entre ceux qui se sentaient membres de ce tiers-monde apparut avant même la diffusion du terme. La mise en place d’un bloc arabo-asiatique par Nehru et par Nasser, et son élargissement en un bloc afro-asiatique lors de la conférence de New-Delhi en 1949, furent les premières manifestations d’une solidarité qui allait apparaître aux contemporains comme « un coup de tonnerre », à la Conférence de Bandung, en 1955. En effet, cette conférence fut l’acte de naissance de tiers-monde. Pour la première fois, 29 Etats d’Afrique et d’Asie, dont Gamal Abdel Nasser (Egypte), Nehru (Inde), Soekarno (Indonésie) et  Zhou Enlai (Chine), qui venaient d’accéder à l’indépendance, affirmèrent, dans le communiqué final du 24 avril 1955, leur accord : « pour déclarer que le colonialisme sous toutes ses formes est un mal auquel il doit être rapidement mis fin ». Ils offraient leur soutien à ceux qui luttaient pour leur indépendance, comme l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, dont ils défendaient le droit à l’autodétermination.

L’indépendance acquise de manière pacifique grâce à des négociations

Dans la plupart des pays africains, l’indépendance fut octroyée sans violence après des négociations et dans le cadre d’accords. La  Grande-Bretagne opta généralement pour la concertation. En effet, dans l’ensemble, elle accepta d’accorder des réformes : « non de perdre une colonie, mais de gagner un membre au Commonwealth ». Le Commonwealth of British fut le successeur de l’empire britannique, il tirait ses origines de la Conférence Impériale (fin des années 1920), et désignait, par le Statut de Westminster (1931), l’ensemble des territoires de l’empire, ainsi que les anciens dominions. La majorité des colonies britanniques adhérèrent au Commonwealth, ils étaient ainsi unis par leurs intérêts communs, mais indépendants. L’indépendance de l’Inde, en 1947, eu une influence majeur sur le processus de décolonisation de tout l’Empire britannique. L’intégration de l’Union indienne et celle du Pakistan dans le Commonwealth offraient la preuve que des liens privilégiés pouvaient être maintenus avec les territoires désormais indépendants. L’Afrique Occidentale, qui était la partie la plus riche et évoluée du continent, fut la première à accéder à l’indépendance, et fut volontier citée comme modèle d’émancipation. En effet le Gold Coast fut la première colonie à proclamer son indépendance en 1957, en devenant le Ghana, à l’aide de négociations, ainsi qu’aidé par la publication d’un Livre Blanc, (en juin 1953), contenant des propositions d’ordre administratif, puis par la « Motion de notre Destin », votée par l’assemblée où étaient démontrées les capacités qu’avait la Gold Coast à s’administrer elle-même. Par la suite, ce fut le tour des autres territoires britanniques situés en Afrique occidentale : le Nigeria en 1960, la Sierra Leone en 1961, la Gambie en 1965. La France eut une politique comparable à l’égard de ses possessions d’Afrique noire. En effet la loi-cadre ou loi Defferre établit un régime d’autonomie interne en juin 1956 : Dès lors, des gouvernements locaux, dirigés par des personnalités africaines élues au suffrage universel, décidèrent des affaires intérieures de chaque territoire. Cependant, il y restait un gouvernement français. L’arrivée du Général de Gaulle au pouvoir aboutit, dans le cadre de la Cinquième République, à la création d’une Communauté française, votée par Référendum en France, dans les pays africains et malgaches, le 28 septembre 1958 ; seule la Guinée rejeta la Constitution, et devint indépendante. Les territoires étaient alors dotés d’une autonomie interne, mais la politique extérieure restait du ressort de la France. Par la suite, le gouvernement français évolua et proposa, en 1960, une Communauté « rénovée », qui n’était plus qualifiée de « française », dans laquelle les Etats étaient désormais dotés d’une autonomie externe, et seraient unis à la France par des liens d’amitié.

Certaines indépendances ont été plus difficiles et sanglantes, essentiellement sur des territoires où la population européenne était plus nombreuse

guerre algérie 1

Affiche du Partie Communiste Français

Dès le lendemain de la guerre, l’attitude de la France à l’égard des émeutes d’Algérie (1945) puis de l’insurrection de Madagascar (1947), confirmait la volonté, vu lors de la guerre du Vietnam, de répondre par la répression. A partir de 1956, l’accentuation du conflit en Algérie, conduit la France à accorder l’indépendance des autres pays du Maghreb. L’autonomie interne promise à la Tunisie par Pierre Mendès France, lors du discourt de Carthage le 31 juillet 1954, avait suscité des troubles violents au Maroc. Quant à la Tunisie, qui avait obtenue l’autonomie interne par la convention franco-tunisienne du 3 juin 1955, elle accéda à l’indépendance quelques jours après le Maroc. Dans les deux cas, il s’agissait d’une indépendance acquise sans rupture avec la France, ce qui concrétisait la formule du protocole franco-tunisien : « L’indépendance dans l’interdépendance ». Le gouvernement français enfin libéré de ses problèmes en Afrique du Nord, concentra alors toutes ses forces sur l’Algérie : L’Algérie était considérée comme une partie intégrante du territoire français. En effet, elle abritait 1 million d’Européens pour 9 millions d’Algériens musulmans. Pourtant, entre ces deux communautés régnaient des inégalités. La guerre d’Algérie débuta le 1er novembre 1954, quelques mois après la fin du conflit en Indochine, marquant l’acte de naissance du Front National de Libération (FLN). Le gouvernement répliqua par l’envoie immédiat de militaires sur place. Jusqu’en 1956, le gouvernement français augmenta progressivement les effectifs militaires qui passèrent de 56 500 hommes au début du conflit à 83 400 en février 1955, puis à 120 000 dans les semaines qui suivirent. La situation se durcit avec l’opération déclenchée par le FLN contre 36 centres de colonisations, causant de nombreuses victimes de part et d’autre, et entraînant des représailles à l’égard des Algériens. La France envoya alors le contingent, qui permit de porter à 400 000 le nombre de soldats impliqués dans la guerre. En réponse, le FLN réorganisa ses forces lors d’un congrès clandestin. Les

Guerre d'Algérie

Guerre d’Algérie

opérations militaires menées par la France se doublaient d’une chasse au terrorisme, et employa la torture, dont la « bataille d’Alger » (janvier-septembre 1957), fut un évènement marquant qui en témoigna. Tandis que la population réclamait des négociations, le gouvernement français n’hésita pas à intensifier la guerre, en bombardant Sakhiet-Didi-Youssef, un petit village de Tunisie, qui aurait dût servie de base à l’FLN. Le général de Gaulle qui avait démissionné le 20 juin 1946, revint au pouvoir en 1958, et se rendit en Algérie, où il lança un appel à la réconciliation, que le FLN refusa en créant le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA). Ayant accordé la citoyenneté française aux Algériens, de Gaulle proposa le plan de Constantine, lors d’un nouveau voyage en Algérie, le 3 octobre. Par la suite, il évoqua le droit à « l’auto déterminisme » pour les Algériens, le 16 septembre 1956, ce qui suscita des oppositions du côté des Français d’Algérie. Dès lors le GPRA songea à une aide chinoise pour poursuivre la guerre, et de Gaulle essaya de négocier avec les Français d’Algérie qui s’y refusaient. De plus, le terrorisme des Français d’Algérie se développa avec l’OAS, qui organisa plusieurs attentats contre De Gaulle. Cependant, les négociations étaient entamées, et les accords d’Evian le 18 mars 1962 débouchèrent sur l’indépendance de l’Algérie, entraînant l’exode massif de la communauté française. La guerre d’Algérie fut le théâtre de division et de grandes violences, qui fit plus de 33 000 morts et près de 65 000 blessés, sur un effectif total de 2 millions de soldats français et de 158 000 morts du côté de l’Armée de Libération National.

Le Kenya, fut l’une des rares colonie britannique qui a atteint son indépendance dans le sang. En effet les colons britanniques ont dû faire face au soulèvement sanglant des Mau-Mau en 1952. Membres d’une société secrète kikuyu (groupe ethnique le plus nombreux du Kenya)  cette révolte dura 4 ans, et fut violemment réprimée. La répression frappa l’ensemble des Kikuyu sans distinction : 13 000 d’entre furent tués, 80 000 internés. L’État d’urgence ne s’est levé qu’en 1960. Kenyatta (homme politique Kenyan) fut emprisonné pour complicité avec les Mau-Mau. Le mouvement indépendantiste dans le même temps se structura. Une conférence constitutionnelle prépara l’accession à l’indépendance, qui devint effective le 12 décembre 1963. Kenyatta, dont le parti remporta les élections, devint président de la nouvelle république indépendante.

Tandis que les autres puissances coloniales s’orientèrent vers une libéralisation politique, le Portugal restait opposé à toute modification de l’Acte colonial de 1930 . En outre, des châtiments corporels punissaient ceux qui désobéissaient. Dès  1953, un groupe d’Angolais adressa une lettre à l’ONU. Les contestations qui augmentairent à l’égard de la politique portugaise, furent réprimées par la tereur. La répression se traduisit par l’exil et les tortures. Cette politique entraina la fuite du peuple Angolais. On estimait entre 500 000 et 1 million le nombre d’Angolais qui gagnèrent le Congo ou les Rhodésies. En 1961, la grande rebellion angolaise débuta, ce qui fut une surprise pour le Portugal. Ces révoltes nationaliste se traduisirent par une émeute à Luanda bientôt suivit d’une aide massive des paysans. La répression fut menée durement par les troupes portugaises et par des bandes de colons armé, et fit environ dix mille morts. Dès lors s’organisèrent des guérilla, et une lutte armée commença également en Guinée portugaise, en 1963, et au Mozambie, en 1964. Le Portugal réagit à la fois par la force militaire et par l’installation, dans ses colonies, d’antennes de la police secrète (PIDE) qui traquèrent les révoltes, les arrêtèrent, les emprisonnèrent ou les firent disparaître sans laisser de traces.

Le Sahara occidental, dominé par l’Espagne, manifestait son opposition depuis 1950, et créa en 1967 l’Organisation sahraouie, dans le but d’obtenir l’indépendance. La Mauritanie et le Maroc espéraient alors pouvoir annexer chacun une partie au moment de la décolonisation, mais les populations sahraouie continuèrent de revendiquer leur pleine indépendance. Une de leurs organisations, le front Polisario crée en 1973, prouva leur détermination en enlevant deux patrouilles espagnols, en 1975. Dès lors, le Maroc déclencha la « Marche verte » en novembre 1975 : près d’un million de ses sujets non armée se dirigèrent vers le Sahara occidental pour prendre possession du territoire et obliger l’Espagne à se retirer. Cette dernière signa le 14 novembre un pacte tripartite qui admettait un partage entre le Maroc et la Mauritanie lorsqu’elle se retirerait. Le nouvel Etat commença la guerre contre ses deux voisins.  La Mauritanie se désengagea très vite de ce conflit ruineux en 1979. Les Sarahouis intensifièrent alors leur lutte contre le Maroc, développant la guérilla au-delà de leur frontières. Le Maroc entama des négociations avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD) qu’en 1988.  Ainsi, le Sahara occidental présente le cas unique d’une tentative de recolonisation opérée à la faveur d’une décolonisation.

La « marche vert » marocaine

Quant au Sud-Ouest africain, rebaptisé Namibie par l’Afrique su Sud, refusait tout contrôle de l’ONU, entama une guerre contre elle. Ce conflit dura vingt ans malgré des prises de positions internationales, (en particulier l’ONU et les USA) contre l’attitude du gouvernement Pretoria. Les négociations commencèrent en 1984, et aboutirent au retrait de l’Afrique du sud qu’en 1989. Le bilan de la lutte s’établit à plus de 20 000 morts. La Namibie devint indépendante le 21 mars 1990.

Enfin, les indépendances africaines s’échelonnèrent sur une longue période période puisque, sans prendre en compte le cas de l’Egypte (1922-1936), quatre décennies s’écoulèrent entre l’accession de la Libye à la souveraineté en 1951, et celle de la Namibie en 1990, dernier territoire dépendant d’Afrique.

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